25 septembre 2005

The longest way round is the shortest way home.

Les liens hypertextes permettent une lecture moins linéaire. Ils me font penser à ces renvois en fin de paragraphes ou chapitres dans les "Livres dont vous êtes le héros" de mon enfance. Pour peu que le blogueur évite de trop parler de lui, en ne disant pas "je" systématiquement, pour peu qu'il affabule, son mi-lieu d'expression peut aisément devenir un endroit où le rare lecteur devient seul maître à bord ou presque.

Il faut favoriser le morcellement de la lecture et la décantation du texte.

Barthes
nous parle d'une notion qu'il nomme autonymie. L'autonymie renvoie à ces choses, objets ou situations qui, dans un mouvement réflexif, finissent par ne désigner qu'elles-mêmes (coiffeur se faisant coiffer, mangeur se faisant manger, etc.).
On peut imaginer des langages autonymiques. Celui de Finnegans Wake en est une parfaite illustration.

Autonymie fait homophonie avec autonomie. Autonomie du texte, du mi-lieu, soit du blogue. Cette autonomie signale la disparition pure et simple de l'écrivant. Celui-ci s'efface, s'annéantit par le biais de son propre corps ou corpus.

C'est une gageure que de vouloir parler de soi dans un de ces foutus blogues. Il s'agit en vérité d'évoquer les choses les plus éloignées de soi pour, peut-être, arriver à se définir - négativement au moins - tel que l'on est, tel que nous apparaissons, tel que nous disparaissons. Osculter à ce propos là où l'être manque.

Ce blogue vise à être autonome, tautologique même. Il persiste à n'exprimer que sa propre impertinence. Le geste effectué par son "auteur" - parallèle à celui du rare lecteur - consiste a tracer un cercle et à repasser sans cesse sur la ligne infinie, infiniment courbe, de cette pensée qui vise à se cloîtrer dans un rond et à ne s'exprimer qu'en circulant d'un point à un autre. Comme dit le vieux proverbe anglais : The longest way round is the shortest way home. Le plus long détour reste le chemin le plus court pour rentrer chez soi.

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