Je me souviens de ma découverte des Chants de Maldoror. C'était à Paris. Cet été-là, je m'étais mis en tête de compléter ma bibliothèque en dénichant bon nombre de classiques qui me manquaient. Lautréamont en faisait partie. C'est rive gauche, dans une caisse chez les bouquinistes, que je dénichais une petite édition rouge des Chants. Une petite édition tout à fait maléfique, qui tenait dans la poche.
Ce fut l'été où je retournai a Guillaume Apollinaire. L'été aussi où je consommai ma "rupture" avec Baudelaire. Depuis je ne suis retourné à lui que pour sa prose - jamais pour ses poèmes - particulièrement ses critiques d'art, ses traductions de Poe.
Je m'engouffrai dans le métro pour lire et m'imbiber des émanations létales de Maldoror. Je me souviens avoir bouquiné ce livre à la station Trocadéro (là où René Char rencontra la Madeleine qui veille). Je me suis perdu dans le métro ce jour-là, incapable de tout à fait tenir le coup face à la rhétorique costaude et flamboyante d'Isidore Ducasse, Comte de Lautréamont. Ladite rhétorique me resta comme un pavé dans l'estomac, comme un oursin dans le scrotum (sic) et longtemps demeura la raison pour laquelle j'évitai de trop fréquenter le Comte.
Entre autres joyeusetés (ode au pou, éclair au front, etc.), on retient de Maldoror ses images fantastiques, sa folie. Particulièrement les fameux "beau comme" appliqués à ce pauvre Mervyn:

1 commentaire:
mais que devient Gunthar depuis 3 jours??
Enregistrer un commentaire