06 mars 2006

En écho spectral à darwyn

Oui, il sont là. C'est un fait. Un enfant est tombé d'une charrette, sur la route qui passe derrière mon jardin, oh! il y a de ça bien cent ans. On lui a érigé une grande croix de grès. Celle-ci marque d'ailleurs la limite de mon jardin. Dessus, il y a des inscriptions en latin. Illisibles, érodées. C'est un fait, quelqu'un est mort derrière chez moi. C'est un fait, quelqu'un se balade dans mon jardin, souvent, et laisse des traces de pas dans la neige. Tantôt du quarante-six au moins, tantôt des pas plus petits, sans chaussures semble-t-il. Les morts pèsent dans la neige.

Je ne crois pas qu'il faille voir en les spectres quelque chose d'absolument immatériel. Le risque c'est de mal interpréter les traces qu'ils laissent sur nous, lorsqu'il cassent les vitres pour entrer, pour étrangler, pour tirer les cheveux et tout ça. (Hier encore, une touffe de mes cheveux derrière la porte.) Ne pas confondre les phénomènes qu'à tavers nous ils engendrent, et leur véritable présence physique. Les morts ont un poids véritable, et pas seulement dans nos consciences. Ils ne sont pas aussi mentaux et illusoires que la superstition de la science vise à nous le faire croire.

C'est un fait, on déverse des brouettées de cadavres en-dedans nous, en nous laissant entendre que ce ne sont que des fantômes.

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