Plante un poignard dans un ruban de Moebius, de sorte à ce qu'il le traverse. Que se passe-t-il?
Il se passe que j'ai très envie de dire que le verbe "traverser" est impropre ici. Mais bien entendu, quelque chose - mes sens, ou alors l'idée que je me fais du ruban unilatère - quelque chose me dit que je me trompe, que ça ne va pas, que ça ne peut être ainsi. Et pourtant, le petit bonhomme mauve en redingote qui marche inlassablement sur ce ruban(1) voit, à mesure qu'il pérégrine, deux bouts de lame différents, sans jamais changer de surface vraiment.
Maintenant qu'il est planté, ce poignard, autant qu'il tranche, sur toute la longueur, qu'il suive (et précède) le bonhomme en redingote, qu'il coupe la surface et que renaissent envers et endroit.
Artaud : Alors vous lui réapprendrez à danser à l'envers
comme dans le délire des bals musettes
et cet envers sera son véritable endroit.
Lui, c'est le bonhomme mauve, l'inépuisable bonhomme mauve, un Sisyphe débile, persuadé de la validité de l'horizon.
Anecdote
Hier, des cris dans la rue
Aujourd'hui, des cris dans la rue
Demain, des cris dans la rue
C'est une grande machine malbaisée qui réclame sa pitance
C'est Dieu et ce n'est pas tout à fait Dieu
C'est une pute
C'est une longue marche sur le Ruban
Nous n'osons pas encore vous parler des trottoirs roulants.
Ces épouvantables tapis desquels on se jette par mégarde
ou par souci de réflexion, de trop lâche méditation,
voire de folie téméraire, etc.
(1) Cette créature n'est pas seulement une allégorie de la condition humaine, elle est même bien autre chose. Je ne dirai pas de quoi il s'agit mais je te mets sur la piste, Ô Gunthar, en te disant que ce qu'elle allégorise est tatoué dans le dos de l'humanité.
Maintenant qu'il est planté, ce poignard, autant qu'il tranche, sur toute la longueur, qu'il suive (et précède) le bonhomme en redingote, qu'il coupe la surface et que renaissent envers et endroit.
Artaud : Alors vous lui réapprendrez à danser à l'envers
comme dans le délire des bals musettes
et cet envers sera son véritable endroit.
Lui, c'est le bonhomme mauve, l'inépuisable bonhomme mauve, un Sisyphe débile, persuadé de la validité de l'horizon.
Anecdote
Hier, des cris dans la rue
Aujourd'hui, des cris dans la rue
Demain, des cris dans la rue
C'est une grande machine malbaisée qui réclame sa pitance
C'est Dieu et ce n'est pas tout à fait Dieu
C'est une pute
C'est une longue marche sur le Ruban
Nous n'osons pas encore vous parler des trottoirs roulants.
Ces épouvantables tapis desquels on se jette par mégarde
ou par souci de réflexion, de trop lâche méditation,
voire de folie téméraire, etc.
(1) Cette créature n'est pas seulement une allégorie de la condition humaine, elle est même bien autre chose. Je ne dirai pas de quoi il s'agit mais je te mets sur la piste, Ô Gunthar, en te disant que ce qu'elle allégorise est tatoué dans le dos de l'humanité.
6 commentaires:
S'il coupe sur la longeur, cela ne rend pas envers et endroit, mais cela crée simplement deux rubans de möebius... c'est ça qui est sympa avec cette chose.
Effectivement, je me suis trompé. Je n'aurais pas dû couper avec un couteau, mais avec des ciseaux. Ceux-ci présentent l'avantage de couper un "pli" directement. (Tu prends ton ruban, tu le plies et tu commences par couper dans ce pli.)Tu continues à cisailler et tu arrives à transformer le ruban en une bête bande bilatère, semblable à une bande ordinaire. On a cassé la structure du ruban, du coup. Ca ne marche pas bien avec un couteau, parce que le couteau n'est pas censé traverser deux fois la bande, ni même de l'entamer par un coin ou par un pli. (Tu obtiens ce qu'à défaut de mieux je nomme "pli" en pinçant ton ruban. Là où c'est pincé, c'est là que tu commences à cisailler.)
J'avoue que j'ai encore des doutes sur la validité de ton opération... il faudra absolument que tu fasses l'expérience, mais si j'ai bien compris ce que tu faisais, soit tu te retrouves avec deux morceaux qui ne ressemblent à pas grand chose (des espèces d'accents si tu arrives à voir ce que je veux dire), ou bien tu t'arrêtes de couper avant la fin, et c'est là que ça devient vraiment interessant (parce qu'il y a comme une discontinuité lorsque tu coupes jusqu'au bout, mais pour rentrer dans les détails, il faudrait vraiment que l'on puisse discuter avec un ruban de moebius et une paire de ciseaux dans les mains), bref, c'est là que ca devient interessant puisque tu te retrouves en réalité avec deux rubans normaux (ie. pas de moebius) attachés tête bèche (ca forme un huit vu d'au-dessus). Bon, ok, ça fait un huit, quoi. Mais pas exactement (même si topologiquement c'est la même chose). Bref, à essayer... si j'ai le temps aujourd'hui, je ferais trois rubans de moebius et les couperait des trois manières différentes histoire de scanner les résultats (oui, je sais, je n'ai rien d'autre à faire).
J'ai expérimenté (sinon je ne me serais pas risqué à parler de ce cisaillement), et ça marche. Je crois "voir" ce que tu dis lorsque tu parles de rubans tête-bêche : ils sont fixés côte à côte, non? En fait, il faut compter le nombre de torsions dans le ruban, pour bien comprendre. 1 torsion dans le ruban unilatère, 2 pour le ruban cisaillé (bilatère).
Rectification (encore) : pour la bande de Moebius (unilatère, donc) : 1/2 torsion, pour le ruban cisaillé bilatère : 2 torsions, soit : 4 demies torsions.
les affres de la topologie continuent par ici : http://atgunthars.blogspot.com/2006/03/ruban-de-mbius.html
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