Je tiens le pinceau.
Je reste, soutenu par le vide, à peindre.
Qui a enlevé l'échelle? Qui m'a élevé, moi, si haut, à tenir le pinceau?
Elévation/Enlevation (de l'échelle) >>> deux mouvements différents.
Je n'ai jamais eu d'échelle. Tout juste des béquilles. Malheureux à béquilles! Dans la ligné des Molloy et autres expulsés. Mais encore.
Je me retiens de toutes mes forces (et je n'en ai que trop peu, de forces, de ressources) à ce maudit pinceau. "Accroche-toi", me dit-elle, platement, de toutes ses forces, de toutes ses larmes. Je ne fais que cela, m'accrocher. Mais sans échelle, c'est un travail de funambule, sans fil sans filet.
Elévation.
Enlever, enlèvement, rapt.
Qui a enlevé l'éhelle?
C'est ce rapt d'échelle que je condamne. Et cette élévation que je maudis de tout mon pinceau.
Reste à savoir ce que je peins. Le portrait du voleur d'échelle? Ou alors une autre échelle? Ou alors ce que le lecteur y voudra bien voir/interpréter.
Je ne peins pas des putes mais la prostitution même. La prostitution, qui se fait toujours vers et par l'autre : tout un ciel à peindre,
et tant de fenêtres bouchées déjà.
J'entends des portes qui claquent. (J'aimerais voir ce que c'est qu'un "par-delà" d'une porte. Déjà que la "fonction porte" m'est arrivée, lumineuse, et est encore si peu claire). Qui claquent, disais-je.
03 janvier 2007
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1 commentaire:
Je réponds à gunthar.. dans ma nuit. Je réponds et je suis, aussi, au haut d'une échhelle. J'imagine les tremblements parents. Si bien que je ne vois rien. N'entends.
Par delà d'une porte. Souviens toi, non?, de la porte du Chien andalou, entre autres.
Ces constellations que l'on peint, à l'envers, obstinément vivant?
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