Passé, je crois, de l'épuisement à la fatigue, de l'impossibilité de possibiliser, à celle, tout aussi tyrannique et angoissante, de réaliser, d'accomplir, ou, anglicisme aidant, de prendre conscience de. Relu, à ce propos, L'Epuisé de Deleuze. Pour me rafraichir les idées et, c'est plus vicieux, pour me conforter, un peu, dans ladite fatigue. Le philosophe de même que l'artiste, et ce, plus souvent qu'à leur tour, proposent des diagnostics à ces malades en quête de mal dont nous sommes tous. Encore faut-il savoir (ou pouvoir) entendre leurs textes, voir leurs tableaux, lire leurs cartes du monde à ces philosophes, de l'oreille, de l'oeil du malade.
Prendre conscience de quoi? Si seulement je pouvais savoir. Et puis, non. Le savoir, sous toutes ses formes, m'est rendu inaccessible par, mettons, la fatigue. Les yeux ne s'ouvrent plus comme avant. On avance les mains en avant, en somnambule, les nerfs modifiés par l'angoisse, par un rêve qui prend au corps, qui serre couilles et entrailles, constipe la cervelle, bouche la pensée (manière d'éléphant dans un couloir que personne ne voit ou ne veut voir, manière de bitte d'étalon éhontément, jusqu'à la garde, rivée dans le cu de l'intellect). Mais peut-être que des notions comme le rêve et la pensée ne conviennent plus tout à fait pour évoquer, même par la bande, ce territoire, ces confins. Mais il faut bien, pour commencer, se servir de ce qui existe, en termes de mots, de concepts. On ne peut pas tout inventer tout le temps. Comment faire comprendre cela, cette ténèbre tenace, ce truc intérieur? Comment l'entendre déjà? En lisant des livres traitant de maux analogues (Dostoïevski, Bataille, etc.), en cherchant un diagnostic tout fait, en imaginant, ou alors, en s'appuyant sur le dada Pansaers qui avance que vivre est déjà une maladie imaginaire, et que, de ce fait, tout imaginaire, toute maladie est déjà surnuméraire? Commencer par faire un diagnostic de la vie, par tracer la carte des symptômes qui la font vivante.
Travail souterrain, infrarationnel. Il ne s'agit pas de folie, mais d'une intensité différente.
Prendre conscience de quoi? Si seulement je pouvais savoir. Et puis, non. Le savoir, sous toutes ses formes, m'est rendu inaccessible par, mettons, la fatigue. Les yeux ne s'ouvrent plus comme avant. On avance les mains en avant, en somnambule, les nerfs modifiés par l'angoisse, par un rêve qui prend au corps, qui serre couilles et entrailles, constipe la cervelle, bouche la pensée (manière d'éléphant dans un couloir que personne ne voit ou ne veut voir, manière de bitte d'étalon éhontément, jusqu'à la garde, rivée dans le cu de l'intellect). Mais peut-être que des notions comme le rêve et la pensée ne conviennent plus tout à fait pour évoquer, même par la bande, ce territoire, ces confins. Mais il faut bien, pour commencer, se servir de ce qui existe, en termes de mots, de concepts. On ne peut pas tout inventer tout le temps. Comment faire comprendre cela, cette ténèbre tenace, ce truc intérieur? Comment l'entendre déjà? En lisant des livres traitant de maux analogues (Dostoïevski, Bataille, etc.), en cherchant un diagnostic tout fait, en imaginant, ou alors, en s'appuyant sur le dada Pansaers qui avance que vivre est déjà une maladie imaginaire, et que, de ce fait, tout imaginaire, toute maladie est déjà surnuméraire? Commencer par faire un diagnostic de la vie, par tracer la carte des symptômes qui la font vivante.
Travail souterrain, infrarationnel. Il ne s'agit pas de folie, mais d'une intensité différente.
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