13 février 2007

Haut Mal

L'impossibilité, dans la foultitude hirsute du ressenti, de seulement me découvrir un propos, une idée (et l'on sait bien, hein, comme c'est rare, les idées ...). A la fois face et dos au mur, comme si l'angoisse, celle, bien connue de moi maintenant, bien que je n'y entends que dalle,
comme si la Grande Peur,
cette frousse des nuits sans rêves qui me désosse et m'anime,
avait définitivement pris le dessus.

Gouffre attirant repoussant maintenant éclose partout présente la Grande Peur jusque dans les veines des statues. Cette Peur lentement avec abjecte méthode se délecte de choses qu'elle blêmit. Le supplice est sûr. Haut mal. Crises. Comme un retournement du vital. La mort pliée sur la vie. Et les larmes mêmes ne sont plus là. On a passé le cap. Ce sont des êtres secs que fomente la Grande Peur. Du bois mort. Finis les ruisselements dont, rassurant, parle Bataille dans L'Expérience intérieure. Ici c'est la ténèbre, tenace et hors discours, hors le monde qui sait?

Cran d'arrêt. Stop. Point de chute, de non-retour. Tout le monde descend. Ici-même, l'interdiction, la limite de ce qui se peut voir, dire ou ressentir. J'ai oublié, tiens, ce que c'est que le ressentir. On oublie de ces choses. Un arrêt brutal, qui coupe le souffle et donne à vomir plutôt qu'à voir ou penser (car le penser est en passe de faire lui aussi fffsssschuit, comme le ressentir). Faire un deuil peut-être. Mais de quoi au juste? Non. C'est l'idée de deuil qui a finalement quelque chose de séduisant. Le deuil, à condition qu'il ne tire pas sur sa fin (dirait le mélancolique), à condition qu'il achève de m'achever, qu'il m'accomplisse, qu'il m'achève, non, vraiment, c'était le bon mot, ambivalent comme il faut, accomplir, le bon verbe, au sens de faire, être fait, oui, c'est là le fin du faire : être fait, comme un rat.

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