
Tes pensées (et maintenant cette question : peux-tu raisonnablement considérer ce ramassis d’obsessions comme tel ?), tes pensées rugissent, feulent, non : miaulent, se cognent faiblement, sans heurts, contre les murs. Lumière crue. Se cognent sans heurts. Au dehors, c’est la nuit des beaux quartiers, l’obscène nuit des grosses bagnoles. Des fauteuils bleus, très design. Des livres d’art, dont un sur Bonnard et un sur Bram Van Velde. Des textes de Djian en regard des peintures. Il est question de défenestration (sans déconner ?!) – décidément, c’est une manie chez toi, cela te poursuit et te précède, d’avance cela dans le cu te baise, te biaise et fausse tout ce à quoi tu pourrais, même modestement, très modestement, toi le perdu, l’idiot si tu veux (il ne faut pas tout mélanger, ce n’est pas, contrairement à ce que crispation et prostration pourraient laisser penser, ce n’est pas de l’épilepsie voyons !), ce à quoi toi l’arraché, tu pourrais, en toute honnêteté, aspirer, un peu de calme et ce serait déjà pas mal, et ce serait ma foi tout. Il y a fort à parier qu’un chat, même jeté du quatrième étage, bien qu’il retombe sans doute sur ses pattes, se brise à l’atterrissage. Pense à Delacroix : « Si vous n’êtes pas assez habile pour faire le croquis d’un homme qui se jette par la fenêtre, pendant le temps qu’il met à tomber du quatrième étage sur le sol, vous ne pourrez jamais produire de grandes machines. » Sans heurts. Idées fixes et torturantes, retenues ailleurs, elles t’entraînent dans le bas-être, là où les mots manquent, où les dislocations mêmes, où les mots les plus défigurés ne disent plus rien, signifient dans le vide et singent la peine. Ce que du temps de Dostoïevski on nommait épilepsie recouvrait d’autres réalités, d’autres faisceaux de symptômes. Eh, l’idiot ! il ne faut pas tout confondre. Concentre-toi sur d'autres fragilités maintenant.
1 commentaire:
sympa, le lien Bonnard, après la discussion ennivrée d'hier!
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