Je pense à Gilles Deleuze.
NB
- Multiplicité de l'inconscient.
- Délire-monde ou cosmique.
- L'inconscient comme usine ou comme machine plutôt que comme théâtre.
Le lire ne sert à rien. Il faut l'écouter. J'aime sa simplicité, dans l'Abécédaire. Moi qui n'entends rien à la philosophie - ou alors j'y entends ce qu'elle ne dit pas, ce qu'elle ne veut pas dire - moi qui ne comprends pas bien, moi qui suis un peu sourd, obtus, bouché, distrait, paresseux comme tout un chacun, moi qui ne comprends couic au sens, sans doute parce que je veille à me distancier du sens commun, à faire du signe un singe, d'une analogie un pont, de singe justement, moi qui braque ma lampe-torche sur l'insensé, sur l'absurde même, je me raccroche à la voix de Deleuze. Ainsi je lis sa préface à Sacher-Masoch par exemple, et je fais semblant de l'écouter, je me retiens à sa voix singée bêtement par les signes, bêtement signifiée, couchée, je devrais dire avachie, sur le papier.
Il faut fréquenter l'Abécédaire pour se faire à la voix du philosophe, et ensuite seulement lire, en écoutant, en différé.
Longtemps j'ai tourné autour des romans de Beckett. J'ai lu. Sans y rien écouter, sans y rien entendre. Et puis un jour, j'ai trouvé le rythme qu'il fallait. J'ai dévoré la trilogie, et le reste, en quelques semaines.
L'Abécédaire justement nous permet d'avoir une idée du rythme qu'il faut trouver pour lire Deleuze. Mais ça ne suffit pas. Il faut le lire souvent, lentement et puis plus vite. Trouver un point, entre deux infinis, comme dirait l'autre, et puis entendre peut-être.
To sleep, perchance to dream ...
Dormir, rêver peut-être, disait Hamlet. Ici, il s'agit de lire et d'entendre peut-être.
Peut-être.
Deleuze dit dans l'abécédaire: "Parler c'est faire du charme." Je l'écoute, je suis effectivement sous le charme.
18 septembre 2005
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