Après avoir quitté le Chariot - nouveau point de ralliement - j'ai fait un tour dans une librairie d'occase et je suis tombé en arrêt sur ce bouquin (ainsi que sur quelques autres). Ce n'est pas tant le bouquin en lui-même qui me fait dire "il n'y a (pas) que du hasard" que sa couverture. Malone aura reconnu ce portrait de fou par Géricault (et non Jericho). Je trouve assez significative la conjonction de cette image et de ce texte, alors que l'on vient à peine d'en parler, alors que le Sous-sol est cet écrit qui nous hante tant - moi le premier, et je ne l'ai même pas lu encore. Enfin si, j'en ai lu quelques pages, à l'instant. Et je me sens bloqué. Mon histoire de Gros-méchant, bien ancrée déjà dans ma tête, je suis bon pour la réévaluer à l'aune de ce beau petit texte.J'imagine un état paranoïaque dans lequel chaque élément du quotidien le plus insignifiant trouverait une signification profonde, tout s'imbriquerait soudain, par la magie de la paranoïa et des correspondances chancelantes entre les choses. (Il m'arrive d'avoir de tels moments lorsque je bois trop de café. C'est tout à fait phénoménal, la force qu'a le réel une fois qu'on l'a fait sien. Hélas, comme il est dit quelque part dans la Bible, plus dure est la chute. Et alors, une fois que le café se retire, comme une vague, et qu'il ne reste dudit réel que des déchets mâchouillés par mon délire de caféine, c'est l'avènement de l'angoisse, des maux d'estomac et de tête - bref, le monde s'ouvre un grand coup, c'est le vertige contemplatif accompagné par le bon vieux riq (le souffle en hébreu), ce souffle qui dans les tableaux de Vanité éteint les bougies, ce vent qui souffle pareillement sur les vivants et les morts. Le café me permet de traverser à la vitesse grand v le spectre des états d'âmes, de l'euphorie à la plus noire mélancolie. La distance parcourue, en si peu de temps, est tout bonnement fatigante. C'est un grand voyage.) Je crois pouvoir cultiver ce genre d'états, d'où l'importance de ce hasard. D'où l'importance pour moi de bien me placer par rapport au hasard. J'aimerai un jour réécrire ce message, en omettant le "pas" dans le titre, en sous-entendant que le hasard a un sens, une signification profonde et indéchiffrable. Mais j'ai trop peur d'affirmer quoi que ce soit à Son sujet.
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