03 décembre 2005

Margot l'enragée et HCE [extrait d'un travail qui n'en finit pas de ne pas finir]


Margot l'enragée - Roaring Meg, par Bruegel.

[possibilité de clicouiller sur l'image pour l'agrandir]

Margot actualise des êtres difformes, monstrueux, ayant subi toutes sortes de métamorphoses grotesques. A l’instar de Margot, HCE fait figure d’halluciné, et le produit de sa folle rêverie n’est autre que le texte même de Joyce, dont les mots, des hybrides pour la plupart, ont subi une étonnante métamorphose. Comme dans « Circé », comme les monstres dans le tableau de Bruegel, ils se sont extériorisés, allant jusqu’à se suppléer à la réalité (Joyce qualifiait le lien de HCE avec la réalité de « douteux »). Si avec Leopold Bloom, autre forme de « monsieur tout le monde », Joyce parvient à rejoindre l’universel par le biais du quotidien, le gigantisme de HCE lui permet de cristalliser l’expérience humaine dans sa totalité. HCE, tel Pantagruel, est un homme-somme, à ceci près que dans le cas du géant joycien, il est tout à la fois question d’une véritable somme encyclopédique et d’un somme, avec tout ce que cela implique de sommeil ou d’assoupissement.

Aucun commentaire: