02 février 2006

Sans titre recevable

J'ai fait craquer les coutures du réel, en me baissant, pour ramasser une ombre.

Il y avait marqué, sur la notice du sarcophage, que le vertige était garanti. Il n'en est rien. Je ne peux pas le leur retourner. Trop chers, les frais de port. Et puis j'y suis bien, même si le vertige ni le coeur n'y sont. On ne choisit pas son repos.

Ces histoires de vie ou de mort, de là ou de pas là, c'est du passé. Il faut juste essayer de comprendre, en poussant la mémoire dans l'oubli, le sens dans son contraire, en niant la nuit, en niant le jour et le temps.

Pleurer dans l'intimité des cadavres.

Peut-être ignorer la vie et ce qui transite autour - mort, éternité et autres idées fixes.

Pieds nus. On ne peut pas autrement. Le ciel est trop haut : on a vendu la peau de Dieu avant de l'avoir tué. Des créanciers nous poursuivent, jusque dans les théâtres, d'une vie à l'autre, d'un mensonge à l'autre, ils nous poursuivent et veulent nous faire rendre gorge.

Dieu que nous sommes seuls.

Des types planqués dans les arbres nous observent. Il ne sert à rien de se bécotter ainsi, voyons. Du calme, du calme. De la langueur et de la mort aussi. L'élasticité des chairs et des vulves sous la lune et les étoiles. Pas de sang. De la mouille en revanche, par souci de vraisemblance.

Eunuques comme cerfs-volants égarés suspendus dans les arbres.

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