03 avril 2006

La leçon que je tire d'une discussion avec l'Epouvantail

Habiter la plaie. Le grand voyage immobile et ambigu. Ne pas se hâter, éviter d'un coup de volant l'ornière de l'être (en toute situation, favoriser le n'être pas). Comprenez bien que ce n'est pas de fuir dont il s'agit. C'est à peine un jeu où l'on ne gagne qu'à perdre et à se défaire d'habitudes philosophiques, religieuses, etc., d'habitudes de lecture ou de pensée.

Nommer cela COUPER LA TÊTE, métaphore brutale, image psychotique du corps découpé.

NE PAS SE RUER DANS LE CORPS POUR AUTANT (quoi de plus abstrait que le corps? quoi de plus piégeux? quoi de plus tentant que le corps?) Appeler cela, puisqu'il faut par ici à tout un un nom, mourir au monde. Ou alors s'amputer (de) la pensée, quitte à ne plus communiquer qu'avec soi et encore (c'est le risque quotidien). Je propose de noyer les poissons respectifs de l'esprit et de l'être dans l'imbécilité sensible du corps, en attendant de trouver mieux. Mais il n'y a peut-être pas mieux.

Je ne peux me réfugier dans le corps : il y a déjà trop de monde.

On s'empoisonne l'âme à penser toujours. Je cherche une âme vierge, primitive, pas pensée encore. Pour tout vous dire, Docteur, je suis à la recherche d'une âme impensable, qui ne s'articulerait sur rien et ne se réclamerait, au mieux, que d'une espèce de cri.

Un cri qui fasse tache sur votre jour
Une honte bue puis crachée au monde

(souvenez-vous de ce chaos primordial d'où jaillit le rire qui vous mit à nu,
souvenez-vous de la rage,
de la violence de vivre)

...

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