Une ébauche de Vanitas trône fidèle comme un petit chien au pied de l'armoire défoncée d'où chancellent couleurs en myriades syncopées, impressions chromatiques ainsi que ces éternelles variations bleu gitane.
Enigme béante, sans appel, bondée d'images qui à grand-peine s'estompent au petit feu du présent présent, ici-même comme d'ailleurs ailleurs. Il importe de faire semblant. Au jeu des grands miroirs les grands enfants sont rois.
Dans la ténèbre de l'atelier, une chimère en vaut une autre. Hier encore une chienne y confondait ses petits avec des monstres d'amertume. L'haleine du temps a relégué de jeunes fous à tête de chacal entre ces murs qu'ils griffent pour le simple plaisir de griffer. Ajoute à ceux-là d'authentiques gueules de chiffon qui posent hilares pour les besoins du poème et le vertige, c'est garanti, te prendra par les cheveux, t'enverra bouler dans un coin de la pièce, parmi d'autres gueules de chiffon, plus sales et plus joueuses encore.
Au dehors, un ange de foutaise se fait démolir à grands coups de langues par ces Messieurs de l'angoisse.
Par la lucarne, le soir, on aperçoit Bruno le funoctambule bien en équilibre sur les toits. Il fume du papillon à rouler. C'est moins cher, dit-il, que le moins cher des tabacs, et meilleur qu'un cigare de Cuba.
Dans la rue rien ne bouge. Sous tes yeux de fatigue des chiens de cristal traversent le silence. On se fait tout petit, on s'écrase. Tout est tabou, à bout de forces et de veille, comme si le vent venait de gifler un mort – ou quelque chose comme ça.
Personne ne vient frapper à la porte. Ils ont oublié le chemin, depuis.
Ce que l'on entend, là? Non pas des cordes de piano qui cassent, mais des nerfs, qui claquent, comme des fouets. Et aussi le joueur de tambour, qui sur un coup de tête casse ses baguettes.
L'intime de la grande peur défait le flou. Sa voix-même se détache du fouillis pour raviver nos forces. Peintre (ou pître) des plafonds et des choses tues. La toile sans porte, sans fenêtre, où sébrouent les cavales de l'impatience.
La bouche où l'on précipite les gravats de tout ce qui vous passe par la tête. Et les restes insensés qui s'entassent paresseux dans un coin de l'atelier.
Festin de couleur pure, écœurante. Lueur, puanteur, peut-être révélation, ou alors violence anodine. Vélocité de ces instants où rien ne tient dans les limites du cadran. Ce métronome assoupi, qui bat comme un cœur crevé n'est plus bon qu'à qualifier le hasard parmi les plâtras.
Fausse plaie qui résiste au dire, ciel ouvert, lueur sans fond dans l'écho. Mi-fraîches mi-torturantes, sans prise sur le mur lisse d'en face, les mains en cage dans l'attente du faire et du caresser.
Une flèche qui de tempe en tempe fuse et siffle sur les ruines de ton nom. Pantin d'agonie, tu t'effondres dans mes bras. Cabossée ton ombre dont on a coupé les fils. On peut, vois-tu, mourir de souplesse.
Je me souviens des gens du cirque.
L'artiste aux mains d'artisan (dont les valises jamais défaites dégueulent) caresse de son pinceau les horizons qui ronronnent au loin, sur la toile et comme à jamais. Il sut avaler la couleuvre du temps sidéral qui d'ordinaire fuit sous les rochers : des murs de l'atelier, aucun n'accuse d'horloge, pas l'écho d'un tic-tac, ni l'ombre d'une trotteuse : rien au monde ne crève la fumée que rote son brûle-gueule; la fumée qui garde les murs, leur au-delà, bien à distance.
Sa patrie d'adoption et d'exil frémissant est la durée, l'instant aux contours indécis, géométrie insaisissable; pêle-mêle éternel dont on perd la notion à mesure que la pensée, lèvre cousue sur le silence, se referme comme une plaie.
Il reste, dans la durée, les yeux pour contempler et bâtir, les pieds ou de quoi peser sur les choses, des univers pour crier – la voix entière et la vie, nouvelles et à franchir.
Les yeux mal tués peuvent encore s'écarquiller, ciller, se dessiller dans l'extrême crudité du réel cependant que la lumière, enfouie, presqu'absente, menace de nous faire taire, nous qui fredonnons un vieil air diurne arraché au corps blafard de la nuit.
Une promesse écrase l'écho, et s'y imprime. Dans le halo des syllabes. La buée soudain concrète, mensongère et spécieuse, au plus près de l'énigme. Justesse du mirage. Aucune ombre pourtant, pas l'ombre d'une. Ne laissez pas s'évanouir cette enfant sale (elle chante seule), mordez-la au besoin. Car il est presque trop tard. Déplacer les meubles, mais à la recherche de quoi au juste?
Le monde apocryphe où il fait bon crier. C'est dans la nuit du corps que se tiennent les oracles, sous le poids étouffant de la peau.
L'horizon sur lequel on s'accoude. Hors les murs la fatigue.
[texte protégé par le divin copriright des Etrons Unis d'Amerdique]
Enigme béante, sans appel, bondée d'images qui à grand-peine s'estompent au petit feu du présent présent, ici-même comme d'ailleurs ailleurs. Il importe de faire semblant. Au jeu des grands miroirs les grands enfants sont rois.
Dans la ténèbre de l'atelier, une chimère en vaut une autre. Hier encore une chienne y confondait ses petits avec des monstres d'amertume. L'haleine du temps a relégué de jeunes fous à tête de chacal entre ces murs qu'ils griffent pour le simple plaisir de griffer. Ajoute à ceux-là d'authentiques gueules de chiffon qui posent hilares pour les besoins du poème et le vertige, c'est garanti, te prendra par les cheveux, t'enverra bouler dans un coin de la pièce, parmi d'autres gueules de chiffon, plus sales et plus joueuses encore.
Au dehors, un ange de foutaise se fait démolir à grands coups de langues par ces Messieurs de l'angoisse.
Par la lucarne, le soir, on aperçoit Bruno le funoctambule bien en équilibre sur les toits. Il fume du papillon à rouler. C'est moins cher, dit-il, que le moins cher des tabacs, et meilleur qu'un cigare de Cuba.
Dans la rue rien ne bouge. Sous tes yeux de fatigue des chiens de cristal traversent le silence. On se fait tout petit, on s'écrase. Tout est tabou, à bout de forces et de veille, comme si le vent venait de gifler un mort – ou quelque chose comme ça.
Personne ne vient frapper à la porte. Ils ont oublié le chemin, depuis.
Ce que l'on entend, là? Non pas des cordes de piano qui cassent, mais des nerfs, qui claquent, comme des fouets. Et aussi le joueur de tambour, qui sur un coup de tête casse ses baguettes.
L'intime de la grande peur défait le flou. Sa voix-même se détache du fouillis pour raviver nos forces. Peintre (ou pître) des plafonds et des choses tues. La toile sans porte, sans fenêtre, où sébrouent les cavales de l'impatience.
La bouche où l'on précipite les gravats de tout ce qui vous passe par la tête. Et les restes insensés qui s'entassent paresseux dans un coin de l'atelier.
Festin de couleur pure, écœurante. Lueur, puanteur, peut-être révélation, ou alors violence anodine. Vélocité de ces instants où rien ne tient dans les limites du cadran. Ce métronome assoupi, qui bat comme un cœur crevé n'est plus bon qu'à qualifier le hasard parmi les plâtras.
Fausse plaie qui résiste au dire, ciel ouvert, lueur sans fond dans l'écho. Mi-fraîches mi-torturantes, sans prise sur le mur lisse d'en face, les mains en cage dans l'attente du faire et du caresser.
Une flèche qui de tempe en tempe fuse et siffle sur les ruines de ton nom. Pantin d'agonie, tu t'effondres dans mes bras. Cabossée ton ombre dont on a coupé les fils. On peut, vois-tu, mourir de souplesse.
Je me souviens des gens du cirque.
L'artiste aux mains d'artisan (dont les valises jamais défaites dégueulent) caresse de son pinceau les horizons qui ronronnent au loin, sur la toile et comme à jamais. Il sut avaler la couleuvre du temps sidéral qui d'ordinaire fuit sous les rochers : des murs de l'atelier, aucun n'accuse d'horloge, pas l'écho d'un tic-tac, ni l'ombre d'une trotteuse : rien au monde ne crève la fumée que rote son brûle-gueule; la fumée qui garde les murs, leur au-delà, bien à distance.
Sa patrie d'adoption et d'exil frémissant est la durée, l'instant aux contours indécis, géométrie insaisissable; pêle-mêle éternel dont on perd la notion à mesure que la pensée, lèvre cousue sur le silence, se referme comme une plaie.
Il reste, dans la durée, les yeux pour contempler et bâtir, les pieds ou de quoi peser sur les choses, des univers pour crier – la voix entière et la vie, nouvelles et à franchir.
Les yeux mal tués peuvent encore s'écarquiller, ciller, se dessiller dans l'extrême crudité du réel cependant que la lumière, enfouie, presqu'absente, menace de nous faire taire, nous qui fredonnons un vieil air diurne arraché au corps blafard de la nuit.
Une promesse écrase l'écho, et s'y imprime. Dans le halo des syllabes. La buée soudain concrète, mensongère et spécieuse, au plus près de l'énigme. Justesse du mirage. Aucune ombre pourtant, pas l'ombre d'une. Ne laissez pas s'évanouir cette enfant sale (elle chante seule), mordez-la au besoin. Car il est presque trop tard. Déplacer les meubles, mais à la recherche de quoi au juste?
Le monde apocryphe où il fait bon crier. C'est dans la nuit du corps que se tiennent les oracles, sous le poids étouffant de la peau.
L'horizon sur lequel on s'accoude. Hors les murs la fatigue.
[texte protégé par le divin copriright des Etrons Unis d'Amerdique]
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