30 novembre 2005

Le silence de la raison

Il y a dans L'ordre du discours de Foucault une petite phrase qui est pour moi comme un fulgurant écho. Je me dis une fois encore qu'il n'y a (pas) que du hasard, que seul compte ce hasard tant occasionnel que permanent, aye here's the rub : que fait-on de ce "(pas)", qui, du reste, n'est pas sans ressembler à la folie telle que je la conçois?

Foucault parle ici du silence de l'analyste lorsqu'il écoute l'analysant, et - en dehors de toute résonance, en dehors même de ce hasard qui sur le coup m'est propre - cette remarque est vraiment très belle:

S'il faut bien le silence de la raison pour guérir les monstres, il suffit que le silence soit en alerte, et voilà que le partage demeure.



L'impression pour ma part que le sommeil appelle le silence. La langue somnolente d'un Joyce qui fonctionnerait - peut-être - comme une injonction au silence, aux silences peut-être, d'un Beckett. Le reste, après Joyce qui a tout dit, est silence. Eternelle et stérile comparaison entre deux grands hommes. Cette manie de mettre dans le même sac ce que l'on aime. Comme si on ne pouvait pas porter deux rucksacks en même temps, un sur chaque épaule.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Faire l'histoire de la folie elle-même, c'est donc faire l'archéologie d'un silence.

Anonyme a dit…

... murmure obstiné d'un langage qui parlerait tout seul, sans sujet parlant et sans interlocuteur, tassé sur lui-même, noué à la gorge, s'effondrant avant d'avoir atteint toute formulation et retournant sans éclat au silence dont il ne s'est jamais départi.