16 janvier 2006

Branlepoire et Ionescu

Les larmes dans Richard II, et particulièrement celles de Richard, sont, à l'image des mots de Mowbray, une expression de l'être en faillite, en décomposition, voire en “dissolution”. Car c'est bien à la dissolution d'un roi dans ses larmes que nous assistons. Par ailleurs, Richard n'est pas tant un homme que l'on assassine qu'un roi qui se défait et se meurt, en cela que sa propre matière tend d'elle-même à disparaître. Ce roi que ronge le péché luciférien d'orgueil, ce roi déchu, couronné de cendres, baigné de larmes ne peut se soustraire à la sempiternelle rengaine de Qohélet – “Vanité des vanités, tout est vanité”. A cet égard, dans une pièce dont le titre cristallise ce qui vient d'être dit - Le Roi se meurt - Eugène Ionesco voit juste. En effet, le dramaturge français laisse bien entendre que l'immortalité d'un roi n'est que provisoire.

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