Saine lecture que celle de Deleuze. Le philosophe sait écouter la littérature, et il s'y entend. Il me semble que Critique et Clinique constitue une façon de digest de la pensée de Deleuze. Tant de ses termes y germent; de la déterritorialisation au fameux rhizome, en passant par la littérature mineure ou l'épuisement, la pensée de Deleuze semble coller plus que jamais à ses lectures de Beckett, de Ghérasim Luca, de Céline ou de Kafka.

Ce qui est spécifique dans les dessins et peintures des grands écrivains (Hugo, Michaux...), ce n'est pas que ces oeuvres soient littéraires, car elles ne le sont pas du tout; elles accèdent à de pures visions, mais qui se rapportent encore au langage en tant qu'elles en constituent un but ultime, un dehors, un envers, un dessous, tache d'encre ou écriture illisible. Les mots peignent et chantent, mais à la limite du chemin qu'ils tracent en se divisant et se composant. Les mots font silence.
"Bégaya-t-il", Critique et Clinique, pp. 141-142.

Ce qui est spécifique dans les dessins et peintures des grands écrivains (Hugo, Michaux...), ce n'est pas que ces oeuvres soient littéraires, car elles ne le sont pas du tout; elles accèdent à de pures visions, mais qui se rapportent encore au langage en tant qu'elles en constituent un but ultime, un dehors, un envers, un dessous, tache d'encre ou écriture illisible. Les mots peignent et chantent, mais à la limite du chemin qu'ils tracent en se divisant et se composant. Les mots font silence.
"Bégaya-t-il", Critique et Clinique, pp. 141-142.
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