Le nord a glissé dessous l'ouest, l'ouest est passé à midi, midi a pris la place de quatorze heures. Quinze heures trente, c'est le sud. Mexico capitale de la Roumanie. Sept et cinq font huit, huit et treize font quinze. Ma tête sous ton aile. Cette nuit, j'ai pris la fuite. J'ai demandé à l'officier vendeur de pop corn (il y avait une tête de mort sur son képi) si je pouvais sortir de la salle, aller voir. Il m'a dit que oui je pouvais, mais aussi que ce serait bien pire que ce que je pensais. J'allais y rester, si j'allais voir. (Plus tard, j'appris que les corps - mi-momies mi-fossiles - étaient restés dans les murs du tunnel.) J'ai pris la fuite, il y avait un trou dans le grillage. Les gens défilaient vers la mort. Je courais. Et pourtant ce n'était pas l'horreur absolue. Il restait un semblant de fuite de ma part, pas de l'espoir, juste de la fuite. Une course folle. Je fis semblant d'être malade, pour abuser de la mansuétude d'un médecin. J'étais mauvais acteur, mauvais malade, mais il me fit passer la frontière. C'était déjà les Etats-Unis ou la Suisse, l'Irlande ou peut-être la Moldavie comme de chemise, je n'en savais rien. Ma tête tenait bon. Le type qui était parti avec moi, un simulateur lui aussi, n'était autre que Bourvil. Il était très malade, comme chacun sait. Mais en plus de ça, il faisait semblant de l'être, pour être bien sûr de passer la frontière. Il avait enduit son corps de chaux vive, pour qu'indiscutablement il souffre et soit considéré souffrant et passe donc la frontière. Mes cheveux tantôt poussaient incroyablement, tantôt je les avais courts. L'angoisse d'être reconnu par ces femmes qui nous tenaient prisonniers dans le cinéma.10 février 2006
Récit de rêve
Le nord a glissé dessous l'ouest, l'ouest est passé à midi, midi a pris la place de quatorze heures. Quinze heures trente, c'est le sud. Mexico capitale de la Roumanie. Sept et cinq font huit, huit et treize font quinze. Ma tête sous ton aile. Cette nuit, j'ai pris la fuite. J'ai demandé à l'officier vendeur de pop corn (il y avait une tête de mort sur son képi) si je pouvais sortir de la salle, aller voir. Il m'a dit que oui je pouvais, mais aussi que ce serait bien pire que ce que je pensais. J'allais y rester, si j'allais voir. (Plus tard, j'appris que les corps - mi-momies mi-fossiles - étaient restés dans les murs du tunnel.) J'ai pris la fuite, il y avait un trou dans le grillage. Les gens défilaient vers la mort. Je courais. Et pourtant ce n'était pas l'horreur absolue. Il restait un semblant de fuite de ma part, pas de l'espoir, juste de la fuite. Une course folle. Je fis semblant d'être malade, pour abuser de la mansuétude d'un médecin. J'étais mauvais acteur, mauvais malade, mais il me fit passer la frontière. C'était déjà les Etats-Unis ou la Suisse, l'Irlande ou peut-être la Moldavie comme de chemise, je n'en savais rien. Ma tête tenait bon. Le type qui était parti avec moi, un simulateur lui aussi, n'était autre que Bourvil. Il était très malade, comme chacun sait. Mais en plus de ça, il faisait semblant de l'être, pour être bien sûr de passer la frontière. Il avait enduit son corps de chaux vive, pour qu'indiscutablement il souffre et soit considéré souffrant et passe donc la frontière. Mes cheveux tantôt poussaient incroyablement, tantôt je les avais courts. L'angoisse d'être reconnu par ces femmes qui nous tenaient prisonniers dans le cinéma.
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