28 novembre 2005

A l'encontre du sens, pour ne pas changer

Je récapitule, mon capitaine, je récapitule. Le non-sens, on l'a défini comme l'absence de sens*. L'insensé, ce serait quelque chose de plus subversif, si je nous ai bien compris. L'insensé va à l'encontre du sens.

[Contresens. Aller contre le sens.]

Aller contre le sens, je veux bien. Aller contre, ce n'est pas forcément aller à l'encontre. On va contre, tout contre quelqu'un, pour se blottir contre lui. On va donc à sa rencontre davantage qu'à son encontre. Faire un contresens, c'est peut-être aussi se blottir tout contre le sens. On se met contre le sens par amour ou désir de celui-ci. On se frotte à lui. Comme des chiens. "Je n'aime pas les frotteurs" dit Deleuze dans son Abécédaire. Je m'égare. Aller contre, c'est comme s'adosser ou s'appuyer - dans mon cas précis, et à titre d'exemple névrotique - contre la bibliothèque paternelle, la fantomatique. Assez pour ce soir, assez.

Non, je rajoute un truc, chipé dans un livre. Mes réflexions sur le contre n'ont rien de bien original, ni de poussé. Charles Ramon écrit dans son Vocabulaire de Derrida - petit livre épais comme un sandwich SNCF - p. 17: "Etre contre c'est en un sens être opposé à et donc se distinguer de, mais c'est aussi être proche, et même tout proche."


*Nota. Nos définitions ne valent que pour nous. Les cochons qui ne nous connaissent pas, ceux qui peut-être on raison d'ailleurs, ont le droit de garder le silence. Ils peuvent rire, mais sous cape.

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