09 mars 2006

Relecture de Perec

"Comme les bibliothécaires borgésiens de Babel qui cherchent le livre qui leur donnera la clé de tous les autres, nous oscillons entre l'illusion de l'achevé et le vertige de l'insaisissable. Au nom de l'achevé, nous voulons croire qu'un ordre unique existe qui nous permettrait d'accéder d'emblée au savoir; au nom de l'insaisissable, nous voulons penser que l'ordre et le désordre sont deux mêmes mots désignant le hasard".

Georges Perec, in "Notes brèves sur l'art et la manière de ranger ses livres".

Perec est là, il me hante, il laisse percoler sa pensée dans la structure-même de ce blogue. Je n'arrive pas à lui rendre hommage, ni justice, mais je m'applique. Il y a l'épuisement, que je lui dois au moins autant qu'à Deleuze. En fait c'est avec Perec que je suis tombé en arrêt devant l'épuisement probable des choses par l'art, par l'écriture disons. Personnellement, je n'épuise rien, si ce n'est moi - c'est un bon début. Il y a les notions d'ordre et de désordre aussi, que je dois aussi à M. Philippe de Jonkheere - grand perecien, à n'en point douter. Perec est important, voilà.


1 commentaire:

Anonyme a dit…

J'espère ne pas l'avoir écrit ailleurs, ici ou autre part. Mais comme la coïncidence a lieu, et que je me fais, fatigué, passablement chier au boulot, voilà un extrait que j'avais noté au temps de la lecture d'UN HOMME QUI DORT :

Il te semble que tu pourrais passer ta vie devant un arbre, sans l'épuiser, sans le comprendre, seulement à regarder: tout ce que tu peux dire de cet arbre, après tout, c'est qu'il est un arbre; tout ce que cet arbre peut te dire, c'est qu'il est un arbre; racine, puis tronc, puis branches, puis feuilles. Tu ne peux en attendre d'autre vérité. L'arbre n'a pas de morale à te proposer, n'a pas de message à te délivrer. (page 50 si je ne m'abuse)